18 juin 2007
FETE DES PERES (2)
Voici donc le dessin de cette année que m'a offert ma fille. Précisons pour que les choses soient plus compréhensibles, que j'ai reçu une télécommande universelle (si, si ...) parce que je dis toujours à propos de la télécommande que je détiens le pouvoir ...
Croisé avec les dernières campagnes électorales, ça a donné ça :
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MATON
15 juin 2007
CITE MINERALE
Quand on arrive à Granville, en haut de ses remparts, on s’aperçoit que la ville ondule au rythme du regard qui la caresse, que les maisons qui se chevauchent se passent dessus, se creusent pour se cabrer, s’élèvent ou se rabaissent au rythme du voyeur qui la poursuit. Marée minérale d’ardoise et de bitume, vague de zinc figée dans son mouvement, la ville s’étage comme en à-plat sur les parois du roc où elle s’est accouplée pour vivre, grandir, bouger au rythme des respirations de pierre.
Et sur les deux plus hautes crêtes de cette houle, comme deux dents qui auraient poussé sur les débris d’une mâchoire, les deux églises de la cité. Le Christ ici comme sur le Gogotha, trône par contumace, enchâssé comme une relique, les deux larrons à ses côtés.
Au bout du monde de la cité, à l’extrême pointe du roc, le phare, son œil, vigie urbaine et mécanique, seule trace de vie sur la gueule d’une chimère qui rongerait la mer, entraînant la vie vers le grand large.
Mais son mouvement est désarmé par l’eau qui l’a fossilisé dans son ultime reptation. Le temps fait mal, la marée mord, mais le monstre sait fermer ses plaies, fait croire que le rocher est plus vivant que la ville à laquelle il s'est accouplé.
Cancer d’une excroissance, dotée d’une vie qui ne lui appartient pas et destinée à mourir avec le monstre qui l’a conçue et duquel elle se nourrit, la cité est en sursis.
Mais le roc est solide.












