Aujourd'hui, j'ai décidé d'être bavard et littéraire. Je vous propose ces "quelques" remarques sur un roman que j'adore :


L'écume des jours

STRUCTURE GLOBALE


Le nombre important de chapitres et la grande place laissée aux dialogues, fait de ce roman un récit écrit de manière filmique, comme un scénario de cinéma. En effet, les chapitres correpondent chacun à des séquences complètes liées chacune à un événement bien particulier, un peu à la manière des scènes au théâtre. Le chapitre I est l'entrée en scène du héros, le chapitre XI est la scène de première rencontre, par exemple.

Notons également que ce roman commence en hiver et se finit au printemps ce qui va à l'encontre de l'histoire. En effet, on situe un événement en hiver quand tout va mal (cf. le début de Germinal qui se situe en hiver) et au printemps quand la situation s'améliore ou que l'avenir est prometteur (cf. la fin de Germinal qui se situe au printemps, signe que la grève a permis la naissance de temps meilleurs pour les mineurs). Or, ici, la rencontre et le mariage de Colin et Chloé se font en hiver alors qu'il s'agit d'un événement heureux et la mort de Chloé arrive au printemps.


Le livre est structuré de manière très rigoureuse et fait appel à des jeux numériques précis et significatifs. Ainsi, si l'on regarde le nombre de chapites (68) et qu'on le divise par 2, on obtient 34 qui est le chapitre au cours duquel on apprend par le professeur Mangemanche que Chloé est gravement malade. Cet événement pourrait s'apparenter à l'élément perturbateur du schéma narratif, et devient donc un moment très important.

Si l'on divise 34 par 2, on obtient 17 qui est le chapitre qui correspond aux préparatifs du mariage, autre moment important dans l'évolution de l'histoire du couple Colin-Chloé.

34 + 17 = 51 qui est le chapitre au cours duquel Colin couve des fusils et se coupe à une fleur métallique, chapitre hautement symbolique concernant l'avenir du couple Colin-Chloé puisqu'il fait état de l'incapacité de Colin à gagner l'argent qui permettrait à Chloé de se soigner, mais également, symboliquement à la mort annoncée de Chloé : la flur du fusil coupe Colin et se teinte de rouge.

Et le chapitre 68 (51 + 17) correspond à la fin, c'est-à-dire à la mort de la souris, qui est comme une sorte de divinité tutélaire (les « pénates » latines, qui désignent des dieux personnels chargés de protéger une maison particulière) qui veille sur le couple. En effet, elle ne quittera jamais Chloé et montrera à Nicolas les signes avant-coureurs de la déchéance à venir (ch. 29). Comme elle a failli à sa mission (Chloé est morte et Colin ne va pas mieux) elle préfère mourir.

Le chapitre 11 est la scène de première rencontre, un moment-clé. Intéressons-nous à tous les chapitres multiples de 11 :

22 : Dernier chapitre du mariage.

33 : Colin et Chloé attendent le docteur.

44 : Colin cherche un emploi et connaît des démêlés avec une bureaucratie menaçante et violente.

55 : Les préparatifs du sénéchal qui doit aller saisir Chick et qui sont décrits comme la préparation d'une opération commando.

66 : Enterrement de Chloé.


Concernant le nombre de pages, un moment important pour tout récit est la moitié de ce nombre. L'histoire seule (sans l'avant-propos) comporte 282 pages. La moitié se situe donc à 141. Nous en sommes au chapitre 29, qui est celui au cours duquel tout se dérègle autour du couple Colin-Chloé : la souris n'arrive pas à nettoyer la vitre qui ne fait plus entrer le soleil ; Colin découvre que son coffre n'indique pas le vrai niveau de doublezons et qu'il n'est pas aussi riche qu'il le pensait ; Chloé ne va pas très bien (mais n'est pas encore officiellement malade).

29 X 2 = 58, chapitre très court (1 page) au cours duquel la menace qui pèse sur Chick se précise. Cette constatation permet de mettre en évidence l'évolution en parallèle des couples Colin-Chloé et Chick-Alise. En effet, au chapitre qui nous fait part que des menaces pèsent sur le couple principal, on a, en écho, celui qui nous fait part de la menace qui pèse sur Chick. Evolution qu'on peut constater aussi en comparant les chapitres 44 et 55. En effet, au chapitre 44, Colin, qui cherche du travail a des démêlés avec l'administration au point de se faire tirer dessus et d'échapper de justesse à la mort ; et au chapitre 55, le Sénéchal fait ses préparatifs pour aller chez Chick parce qu'il n'a pas payé ses impôts. Il y a menace mortelle dans les deux cas et à chaque fois de la part de l'administration.



L'ECUME DES JOURS

LE JAZZ



Le jazz est un élément important qu'on retrouve d'abord au début et à la fin du livre à travers trois lieux mêlés à des dates fantiasistes. Les dates ne sont là que pour attirer notre attention sur les trois villes qui sont, dans l'ordre d'apparition : La Nouvelle-Orléans (fin de l'avant-propos), Memphis (lieu supposé du début de l'écriture du livre) et Davenport (lieu supposé de l'écriture du livre).

Ces villes ne sont citées que parce qu'elles sont des lieux importants concernant la naissance du jazz et son évolution à travers les Etats-Unis. En effet, né à La Nouvelle-Orléans, ce style musical lié aux esclaves noirs américains qui s'en servaient pour chanter leurs états d'âme (Blues en américain) s'est développé en suivant le Mississippi jusqu'à Davenport au nord en passant par Memphis. Une dernière ville importante pour cette musique, Chicago n'est pas citée dans le livre, mais est malgré tout évoquée  à travers le prénom Chick.

Une question se pose : quel est le rapport entre ce style musical et l'histoire de l'écume des jours dans laquelle la musique ne joue aucun rôle central ?

La réponse se trouve dans le prénom du principal personnage féminin : Chloé. En effet, ce prénom est aussi le titre d'une chanson de Duke Ellington, très grand compositeur de jazz, qui est à l'origine d'un style particulier appelé « moody » ou « sultry tune » et qu'on pourrait traduire par triste, morose, étouffant, lourd, mais avec des connotations sensuelles assez fortes. Or, le registre du récit peut également être qualifié avec les mêmes termes. Le jazz, tout au moins celui pratiqué par Duke Ellington et ceux qui se sont inspirés de son style, est donc un élément important de l'histoire en ce sens qu'il permet d'insister sur l'atmosphère du récit.

Dans l'ordre du livre, les allusions au jazz sont les suivantes (la pagination est celle de l'édition Le livre de Poche N°30899 de juin 2007) :


1 – p.17, avant-propos : « la musique de La Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington »


2 – p.18, avant-propos : « La Nouvelle-Orléans. 10 mars 1946 »


3 – p.24, ch I : « La pièce, de quatre mètres sur cinq environ, prenait jour sur l'avenue Louis-Armstrong », l'un des grands noms des débuts du jazz style « New Orleans »


4 – p.29, ch I : « J'ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy un mélange vraiment ahurissant. » Ce titre (qu'on pourrait traduire par « Fantaisie noire et tannée », de la couleur de la peau des noirs américains à l'origine du blues et du jazz), comme Chloe, fait partie du style « Jungle » inventé par Duke Ellington et qui utilise principalment les cuivres, style dont le nom évoque ce que deviendra l'appartement de Colin.


5 – p.30, ch I : « ...lorsqu'on joue un morceau trop hot, il tombe des morceaux d'omelette et c'est dur à avaler. » Un morceau « hot » est un morceau très enlevé et dans lequel l'improvisation joue un grand rôle. Jeu de mots avec « hot » = « chaud » en anglais.


6 – p.30, ch I : « Je vais m'en faire un sur Loveless Love, dit Chick. » Ce titre qui s'intitule aussi Careless Love (« amour sans amour » ou « amour négligent ») annonce le comportement de Chick à l'égard d'Alise.


7 – p.49, ch VI : « ... l'une d'elles consisterait à danser le biglemoi sur un rythme de boogie-woogie » Le boogie-woogie est un style de jeu du blues basée sur une ligne de basse répétitive de 12 mesures ramenée à 8 tandis que la mélodie improvise librement sur le thème. Cette musique rappelle le bruit des boogies d'un train, d'où son nom, et « balance » fortement.


8 – p.49, ch VI : « Je conseille à Monsieur un tempo d'atmosphère, dans le style de Chloe, arrangé par Duke Ellington, ou du Concerto pour Johnny Hodges ... dit Nicolas. Ce qu'outre-Atlantique on désigne par moody ou sultry tune. » Sous-titrée Song of the Swamp (Chanson du marécage), Chloe annonce autant le personnage féminin que l'ambiance liée à sa maladie causée par une plante des eaux stagnantes : le nénuphar. L'atmosphère musicale est en outre mélancolique, comme le seront les personnages de Chloé et Colin. Première allusion à cette chanson.

L'autre morceau est un titre inventé par Vian pour rendre hommage à l'un des musiciens préférés de Duke Ellington et qui interpréta, entre autres, Chloe.


9 – p.65, ch XI : « ...êtes-vous arrangée par Duke Ellington ? Demanda Colin ... » Il s'agit d'une deuxième allusion à la chanson Chloe d'Ellington.


10 – p.74, ch XII : « Chick écouta. C'était Chloe, dans l'arrangement de Duke Ellington. » Troisième allusion à cette chanson.


11 – p.111, ch XXI : « L'Ouverture et le Cérémonial étaient écrits sur des thèmes de blues. » Le terme « blues » vient de l'abréviation de l'expression anglaise « Blue devils » (littéralement « démons bleus »), qui signifie « idées noires ». Cela renvoie aussi à la recherche de la note « bleue ». Il s'agit de la quarte augmentée de la tonalité principale du morceau. Elle donne une sonorité particulière caractéristique du blues. Elle a probablement pour origine la musique africaine dans laquelle le tempérament n'existait pas et fut probablement introduite au début du blues par les esclaves noirs américains. Il faudrait vendre son âme au diable pour pouvoir jouer et trouver cette « note bleue ». L'instrumentiste tente d'imiter la complainte du chanteur. L'une des plus anciennes références au blues se retrouve dans une farce de George Colman le Jeune, Blue devils, a farce in one act (1798). Plus tard, au cours du XIXe siècle, l'expression était employée comme euphémisme pour désigner le delirium tremens (affection psychiatrique liée à l'abus d'alcool et qui provoque des hallucinations terrifiantes) ou la police.

L'utilisation de l'expression dans la musique noire américaine remonte au moins à 1912 à Memphis dans le Tennessee avec le morceau de William Christopher Handy, Memphis Blues. Dans les paroles, le mot blues traduit un état d'âme mélancolique.

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Blues#.C3.89tymologie)


12 – p.111-112, ch XXI : « Pour l'Engagement, Colin avait demandé que l'on jouât l'arrangement de Duke Ellington sur un vieil air bien connu, Chloe. » Quatrième allusion à cette chanson.



13 – p.128, ch XXVI : « Colin et Chloé, l'un près de l'autre, se laissaient insoler sans rien dire et leurs coeurs battaient tous deux sur un rythme de boogie » (cf. point N°7).


14 – p.148, ch XXX : « Ils tournèrent dans la rue Sidney-Bechet » Musicien et compositeur du style « New Orleans ».


15 – p.156, ch XXXIII : « - Qu'as-tu mis ? Demanda Chloé. Elle souriait, elle le savait bien. »

Cinquième allusion à la chanson Chloe d'Ellington.


16 – p.157, ch XXXIII : « - C'était The Mood to be Wooed ... dit Colin. Chanson de Johnny Hodges et Duke Ellington dont le titre pourrait être traduit par : « l'envie d'être courtisée ».


17 – p.160, ch XXXIV : « - Qui est malade ? / - Chloé, dit Colin. / - Ah! Dit le professeur, ça me rappelle un air ... / - Oui, dit Colin, c'est celui-là. » Sixième allusion à la chanson Chloe d'Ellington.


18 – p.161, ch XXXIV : « Vous connaissez Slap Happy » ? Morceau enregistré par Duke Ellington et le contrebassiste Billy Taylor qui jouait en « giflant » (to slap) les cordes de l'instrument.


19 – p.167, ch XXXV : « - Allô ? La maison Gershwin ? » Compositeur new-yorkais qui signait plutôt des mélodies commerciales pour des des comédies musicales, par exemple. D'où son utilisation pour un vitrier.


20 – p.198, ch XLII : « ... c'était la rue Jimmy-Noone et l'enseigne était peinte à l'imitation du mahogany Hall de Lulu White » Jimmy Noone était un clarinettiste, vétéran du style « New Orleans » qui finit sa carrière à Chicago. Le Mahogany Hall était un bordel somptueux de Storyville, le quartier chaud de La Nouvelle-Orléans et Lulu White était l'une des pensionnaires les plus pittoresques. Cette allusion graveleuse est là pour montrer que la boutique dans laquelle rentre Chick est peu recommandable, ce qu'on comprendra rapidement puisqu'il va profiter de la crédulité du collectionneur de Partre pour l'escroquer.


21 – p.217, ch XLV : « Je vais vous jouer le Blues du Vagabond », chanson enregistré par Duke Ellington, avec, entre autres, Johnny Hodges.


22 – p.217, ch XLV : « ... les notes s'envolaient, aussi aériennes que les perles de clarinette de Barney Bigard dans la version de Duke. » Il s'agit d'un des musiciens qui a enregistré le morceau ci-dessus avec Duke Ellington.


23 – p.217, ch XLV : « ... l'air qui ressortit de lui ressemblait beaucoup plus à Chloe qu'au Blues du Vagabond. » Septième et dernière allusion à la chanson Chloe d'Ellington. En fait, ce blues du vagabond s'apparente à Colin qui erre comme une âme en peine à la recherche d'argent pour Chloé et qui s'efface devant sa principale préoccupation : Chloé elle-même, représentée par la chanson qui porte son nom.


24 – p.218, ch XLV : « - Si je jouais Misty Mornin' ? Proposa l'antiquaire. » Chanson enregistrée par Duke Ellington et qu'on pourrait traduire par « matin brumeux » qui représente l'état d'esprit de Colin.


25 – p.218-219, ch XLV : « ... il joua encore Blue Bubbles ... » Chanson enregistrée par Duke Ellington et qu'on pourrait traduire par « Bulles bleues » avec une référence au Blues (cf. point 11), donc, encore une fois, à l'état d'âme mélncolique (« bluesy ») de Colin.


En-dehors de celles la fin du livre, les références au jazz s'arrêtent ici, c'est-à-dire avec la vente du pianococktail, qui obligera Colin à travailler.

Or le livre a été écrit en 1946, au moment de la Libération, quand la jeunesse dorée parisienne exprimait son soulagement de voir la guerre finie en faisant la fête dans les caveaux de Saint-Germain-des-Près où l'on jouait du jazz, musique arrivée en France avec les GI américains.

Donc, Colin, contraint d'utiliser son temps à travailler, ne peut plus s'amuser avec les autres jeunes gens et se retrouve donc au même niveau que les autres, qu'il décriait pourtant aux chapitres XXIV et XXV.




L'écume des jours

ELEMENTS PROLEPTIQUES


Tout au long du livre et jusqu'à ce que sa maladie soit déclarée, on trouve des éléments insignifiants en apparence, mais qui ont valeur de prolepse (d'anticipation) et qui préparent le lecteur à accepter la maladie de Chloé comme allant de soi. Ces éléments sont le plus souvent relatifs aux fleurs, au froid, à la poitrine ou à des toux et se font plus nombreux et plus proches au fur et à mesure qu'on approche de l'annonce officielle de la maladie de Chloé.


p.22 : Les souris (notamment celle à moustaches noires) dansent dans les rayons du soleil qui entrent dans le couloir de la cuisine.

p.25 : Evocation du Spectre de la rose dansé par deux embryons de poulet dans du formol et entourés de branches de mimosa.

p.45 : Colin cueille une orchidée bleue et rose.

p.45 – 46 : Colin évoque les boutiques de fleuristes qui n'ont pas de rideau de fer car personne ne songe à les dévaliser.

p.46 : Colin cueille une orchidée orange et grise et qu'il dit avoir la couleur de la souris à moustaches noires.

p.66 (scène de première rencontre) : Colin a comme une musique militaire allemande au milieu du thorax quand il voit Chloé.

p.67 – 68 (scène de première rencontre) : alors qu'il parle avec Chloé, colin tousse par deux fois et quand on lui tape dans le dos, ça fait comme un gong balinais.

p.79 : alors que Colin et Chloé se promènent ensemble, ils passent dans un souterrain dans lequel il y a un courant d'air violent provoqué par les pigeons de rechange. Le petit nuage ne les a pas suivis.

p.81 : toujours pendant la promenade, Chloé dit ne pas avoir froid quand Colin (ou le nuage ?) est là.

p.83 : Alors que Chloé est dans le midi, le couple Alise-Chick se dégrade.

p.95 : Pendant les préparatifs du mariage par le chuiche, le bedon et le religieux, il y a du brouillard et des nuages gris en flocons dans l'église.

p.97 : Toujours pendant les préparatifs, les parachutes du chuiche, du bedon et du religieux sont comparés à des corolles.

p.98 : Toujours pendant les préparatifs, Chloé se mire dans l'eau du bassin d'argent.

p.99 : Toujours pendant les préparatifs, Alise et Isis vont enfiler une robe d'eau claire.

p.105 : Pendant que Colin et Chick vont chercher Chloé pour aller à la noce, le ciel reste bleu, l'hiver tire à sa fin.

p.106 : De nouveau, évocation des robes couleur d'eau.

Toute la chambre de Chloé est pleine des fleurs blanches choisies par Colin.

Sur l'oreiller, il y a un pétale de rose rouge.

L'odeur des fleurs et le parfum des filles se mêlent étroitement.

Alise porte une orchidée mauve dans les cheveux.

Isis porte une rose écarlate.

Chloé porte un gros camélia blanc (référence explicite à la Dame aux camélias, d'Alexandre Dumas, roman dans lequel Marguerite Gautier, l'héroïne, est atteinte de la tuberculose), une gerbe de lis et un bracelet de feuilles de lierre.

p.114 : Fin du mariage. Le couple et douze invités (figurant ainsi une sorte de Cène) regardent les fleurs de l'autel et sentent le froid les frapper au visage.

Chloé se met à tousser.

p.116 : La souris à moustaches noires remarque que le soleil entre moins bien dans le couloir de la cuisine.

Chloé a du mal à se tenir debout.

p.119 : Pendant le trajet du voyage de noces, sur l'ancienne route, le coeur de Chloé bat trop vite.

p.127 : Devant l'hôtel, les pommiers fleurissent puis dégénèrent rapidement en mousse verte (comme celle évoquée à la page 120, sur les bas-côtés de la route).

p.128 : Chloé joue avec un tas de neige qui ne fond pas.

Sous la neige, il y a des primevères, des bluets et des coquelicots.

p.129 : Chloé tousse comme une étoffe de soie qui se déchire.

p.130 : Le lendemain matin, dans la chambre d'hôtel, Chloé s'est réveillée la poitrine recouverte de neige.

p.131 : Chloé dit avoir froid à cause de la neige.

p.137 : Pendant la conférence de Jean-Sol Partre, Alise dit à Isis que Chloé n'est pas bien portante.

p.139 : Partre tousse comme un fou après l'effondrement d'une verrière.

p.140 : Les soleils entrent mal et les souris ne semblent pas en être gênées sauf celle à moustaches noires.


MOITIE DES PAGES


p.142 : La souris à moustaches noires s'abime les pattes à nettoyer en vain les carreaux du couloir.

p.142 – 143 : Colin a le coeur en forme d'orange.

Le coffre-fort indique un mauvais niveau de doublezons.

p.145 : La souris à moustaches noires est soignée et marche avec des béquilles.

p.146 : Des fleurs vertes et bleues poussent le long des trottoirs.

p.147 : Alors qu'elle est dehors, Chloé rayonne et ses cheveux sentent les fleurs.

p.149 : Avec Isis, Chick et Alise, Colin et Chloé parlent de la neige et Chloé porte la main à sa poitrine.

p.151 : Colin est à la patinoire et quand il est appelé au téléphone, il devient comme la glace parce qu'il apprend que Chloé est malade.

p.153 : Pendant que Colin court vers Chloé, le narrateur nous raconte ce qui se passe pour Chloé. C'est le seul cas de dissociation du couple par passage, dans un même chapitre, d'une focalisation interne à une focalisation zéro.

p.155 : Des soucis (une fleur orange appelée comme ça parce qu'il est très difficile de s'en débarrasser dans un jardin) s'amassent au pied de la plate-fome du lit.

Evocation physique de la douleur que ressent Chloé dans la poitrine.

p.156 : Le coeur de Colin tient toute la place dans sa poitrine.

p.158 : Arrivée des docteurs.


MOITIE DES CHAPITRES


p.172 : Renvoi de fleurs est le titre du dernier livre de Partre acheté par Chick. Il a des hors-textes de Kierkegaard, un philosophe du désespoir (à rapprocher de l'absurde de Camus).

p.175 : L'air extérieur est chargé de fleurs et de soleil.

p.182 : Le soleil entre moins dans la pièce selon Chloé.


C'est le printemps.


On constatera, à propos de ce dernier point, que le roman commence en hiver, une période habituellement associée à la mort dans la littérature et se finit au printemps (qui est annoncé au moment où tout va mal), période habituellement associée à la jeunesse et au renouveau dans la littérature. On comprend donc, dès le début que le roman finira mal et que Chloé ne sera jamais adulte puisqu'elle meurt au printemps.