Le Grizzly

Entrez dans la tannière du dedans de la tête d'un ours

26 mars 2008

PIMP MY ROBOT

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CHEYENNE

J'ai adoré ce livre de Didier VAN CAUWELAERT et ai également eu envie de vous faire partager une analyse d'un extrait de ce texte.

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(Cliquez sur l'image)


LA SCENE DE PREMIERE RENCONTRE


- Bonjour, petit, a commencé l'aiguilleur du sol avec un sourire niais.

J'ai levé le menton aussitôt pour le couper dans son élan :

- Je suis en deuil.

Toujours anticiper le pire, afin de donner aux catastrophes probables ce sentiment de déjà-vu qui provisoirement les désamorce. C'est une superstition qui m'a accompagné toute ma vie. Peut-être ma seule forme d'optimisme. L'agent de comptoir m'a demandé pardon, rouge d'embarras. Il a déchiré de travers le coupon de ma carte d'embarquement, sans insister, et m'a désigné les trois autres kangourous qui trottinaient déjà autour de l'hôtesse.

- C'est là-bas.

- Merci, monsieur, ai-je répondu avec une conscience si aiguë de mon courage et de ma dignité que j'en ai eu les larmes aux yeux.

Et si, de cet employé un instant déboussolé dans sa routine, j'ai conservé en mémoire la voix intacte, c'est qu'il a alors crié :

- Cheyenne !

Et l'hôtesse s'est retournée. Je me suis arrêté. J'ai tout oublié des uniformes d'Air France cette année-là, mais le soutien-gorge, sous le bouton défait, était bleu lavande. Une émotion inconnue, qui sans doute devait plus, en amont, à la peur panique de perdre mon père qu'à la découverte érotique du moment, me gardait cloué sur place. Elle a jeté un regard par-dessus son épaule, pour vérifier que sa collègue réceptionnait bien les trois kangourous précédents devant la porte vitrée donnant sur la piste, et elle s'est approchée de moi. Son odeur - que je mettrais des années à chercher vainement, de parfumeries en rayons cosmétiques -, son odeur de vanille chaude et de sucre glace, avec une pointe d'orange, a effacé le décor. Pour en donner une idée précise - parce que sinon, pour qui la découvrait, Cheyenne était blonde et les yeux bleus, comme n'importe quelle hôtesse dans les rêves de tout le monde -, l'odeur qui s'en rapproche le plus est celle du Fard Vernier « vernis-colle ». Petites bouteilles de liqueur brune entêtante servant à fixer les postiches, elles expliquent en partie pourquoi j'ai passé plus tard mon adolescence dans une troupe de théâtre, à jouer tous les barbus du répertoire. Mais pour l'heure, j'étais immobile, les doigts crispés sur la poignée de mon attaché-case, prisonnier d'un parfum inconnu qui se penchait vers moi.

- C'est la première fois que vous prenez l'avion ?

Ce vouvoiement était une merveille : je me sentais un homme, avec ce bouton défait qui laissait voir le soutien-gorge. A l'époque, j'étais déjà très porté sur les seins, et je surveillais avec impatience le peu de progrès des filles du chauffeur-livreur, qui restaient désespérément plates, de jeudi en jeudi, au fond de la serre désaffectée.

- C'est la première fois que vous prenez l'avion ? A-t-elle répété avec un air compréhensif.

J'ai répondu malgré moi :

- Oui.

Et c'était faux. Mais tous les événements importants de ma vie ont toujours été accompagnés de mensonges instinctifs, autre signe de superstition. Pendant les quelques minutes où nous avons traversé la piste jusqu'à l'échelle de la Caravelle, j'ai fait semblant d'avoir peur de l'avion, et je me sentais miraculeusement allégé de tout le reste. Un mistral terrible nous balayait de poussière mêlée d'embruns et l'hôtesse tenait de sa main droite l'espèce de beurrier bleu enfoncé sur son crâne. Un grand élan de tendresse me décoiffait près d'elle, parce qu'elle était aussi ridicule que moi, avec ma pochette kangourou qui claquait au vent derrière mon cou.


Didier VAN CAUWELAERT (1960 – ...)

Cheyenne (Editions Magnard - 1993)

Pages 23 à 26 ; lignes 317 à 379

 


UN PLAN D'ANALYSE POSSIBLE ...

1 - Ce qu'ils sont

1.1 - Le narrateur-personnage est un petit garçon passager d'un avion. Il a des préoccupations d'enfant : il pense à son père gravement malade ("Je suis en deuil" ; "la peur panique de perdre mon père") ; il idéalise l'hôtesse (contrairement aux "rêves de tout le monde", Cheyenne, pour lui, est inimitable puisqu'il aura du mal à retrouver son parfum : "Son odeur - que je mettrais des années à chercher vainement, de parfumeries en rayons cosmétiques" et que son "vouvoiement était une merveille") ; il repense aux filles du chauffeur-livreur.

1.2 - Cheyenne est une hôtesse de l'air adulte qui est chargée de s'occuper de lui avec d'autres enfants. Elle a des obligations d'adulte. Au lieu d'être fascinée par lui comme il l'est par elle, elle se préoccupe de son travail ("Elle a jeté un regard par-dessus son épaule, pour vérifier que sa collègue réceptionnait bien les trois kangourous précédents") et s'inquiète pour lui comme elle le ferait pour n'importe quel passager enfant ("- C'est la première fois que vous prenez l'avion ?"). Lorsqu'elle l'accompagne sur la piste, elle est surtout préoccupée encore une fois par son métier puisque "l'hôtesse tenait de sa main droite l'espèce de beurrier bleu enfoncé sur son crâne" = elle ne veut pas perdre son uniforme.

2 - Où ils sont

2.1 - Le narrateur-personnage est avec l'employé qui vérifie les cartes. Il faut que le narrateur-personnage franchisse une distance, passe cet employé pour rejoindre l'hôtesse ("m'a désigné les trois autres kangourous qui trottinaient déjà autour de l'hôtesse. - C'est là-bas"). De plus, même lorsque Cheyenne se rapproche, le narrateur-personnage garde cette distance ("Je me suis arrêté" ; "j'étais immobile, les doigts crispés sur la poignée de mon attaché-case"). Enfin, lorsqu'ils marchent ensemble sur la piste, ils sont encore séparés. Elle ne lui tient pas la main, mais son couvre-chef tandis que lui, nous l'avons vu, tient son attaché case. Ils sont encore séparés par ce qui les représente socialement : le chapeau, symbole de sa profession ; l'attaché case, symbole de l'univers de l'enfant prodige puisqu'il contient le manuscrit.

2.2 - Cheyenne est avec les autres enfants. Lorsque l'employé l'appelle, elle est avec d'autres enfants et une collègue. Elle doit se déplacer pour venir : "Elle a jeté un regard par-dessus son épaule, pour vérifier que sa collègue réceptionnait bien les trois kangourous précédents devant la porte vitrée donnant sur la piste, et elle s'est approchée de moi " Et même lorsqu'elle quitte les enfants qu'elle conduisait, c'est pour transformer cette distance physique en distance professionnelle puisqu'elle reste avec un enfant qu'elle va tenter de rassurer : "- C'est la première fois que vous prenez l'avion ?". Et cette distance professionnelle est accentuée par ce parfum qui retient le narrateur-personnage : "prisonnier d'un parfum inconnu qui se penchait vers moi." Parfum qui, par ailleurs, représente bien cette distance permanente qui va exister entre les deux personnages puisqu'il est constitué d'éléments antagonistes, le chaud et le froid : "odeur de vanille chaude et de sucre glace" ; le doux et l'acide "sucre glace, avec une pointe d'orange".

3 - Un paradoxe : ce qui les sépare va les rapprocher

3.1 - Une scène de première rencontre. Dans le roman, ce passage est présenté comme la première renconte entre Cheyenne et le narrateur. En outre, on retrouve dans cette scène tous les invariants propres à la première rencontre :

- la distance franchie par les yeux. Cheyenne est loin (l'employé crie pour l'appeler) et lorsqu'elle se retourne, la description faite par le narrateur-personnage "arrêté" est uniquement visuelle.

- La distance franchie physiquement. Cheyenne se rapproche du narrateur-personnage ("elle s'est approchée de moi")

- La prise de parole ("- C'est la première fois que vous prenez l'avion ?")

- L'un des deux seulement (apparemment) tombe amoureux : le narrateur-personnage, qui idéalise le personnage et évoque des détails érotiques (le soutien-gorge).

3.2 -Deux acteurs. Le narrateur-personnage se présente incontestablement comme un acteur, puisqu'il joue le rôle d'un enfant en deuil "avec une conscience si aiguë de mon courage et de ma dignité que j'en ai eu les larmes aux yeux" et qu'en plus, lorsqu'il cherche à retrouver le parfum de Cheyenne, il ne le retrouvera que dans un accessoire d'acteur qui permet de se déguiser : le "Fard Vernier « vernis-colle ». Petites bouteilles de liqueur brune entêtante servant à fixer les postiches", ce qui l'amène, nous dit-il, à jouer des rôles de barbus, c'est-à-dire, pour l'enfant qu'il est alors, des rôles d'adulte.

Bien que ce soit moins évident, Cheyenne joue également un rôle, celui de l'hôtesse de l'air. Ce rôle commence avec l'interpellation de l'employée qui lui crie d'intervenir, comme on demande à un acteur d'entrer en scène. Il continue avec l'uniforme d'Air France sur lequel on insiste beaucoup et qui agit comme un costume que le narrateur-personnage cherche à enlever pour découvrir ce qu'il y a en-dessous ("J'ai tout oublié des uniformes d'Air France cette année-là, mais le soutien-gorge, sous le bouton défait, était bleu lavande."). Et ce costume, Cheyenne y tient comme s'il la protégeait, puisqu'elle "tenait de sa main droite l'espèce de beurrier bleu enfoncé sur son crâne."


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...merci à MADmoiselle.

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12 mars 2008

ALERTE A MALIBU

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CELA VA SANS DIRE ...

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08 mars 2008

ENCORE UN PEU DE LITTERATURE ...

INCIPIT DE MADAME BOVARY (FLAUBERT)


Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.

Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :

- Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.

Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.

On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.

Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre.

Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.

- Levez-vous, dit le professeur.

Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.


Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)
Madame Bovary (I ; 1) (1857)

 A l'aide de quels procédés littéraires l'auteur nous montre-t-il qu'il se moque du personnage appelé "Le nouveau" ?

UN PLAN D'ANALYSE POSSIBLE ...

 

Procédés littéraires : ensemble des choix d'écriture voulus par un auteur dans le but d'obtenir chez son lecteur des réactions particulières qu'on peut classer en différents registres tels que "pathétique", "lyrique", "comique", etc ...

1 – L'utilisation d'un narrateur de première personne du pluriel

Nous avons un narrateur personnage extérieur à l'histoire qui nous raconte ce qu'il voit. Ou plutôt, qui se place dans un groupe auquel n'appartient pas le personnage : " Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois ".

Grammaticalement, cette manière de faire met de fait le personnage à l'écart, car la première et la deuxième personne sont des personnes de la présence tandis que la troisième personne, qui désigne ici le nouveau, est celle de l'absence. On parle à la troisième personne de quelqu'un qui n'est pas là ou qu'on ne veut pas inclure dans le groupe.

Le lecteur étant du côté du narrateur, puisque ce " nous " qu'il utilise nous inclut obligatoirement, on ne peut que voir à distance ce personnage.

Or, toute la description qui en est faite est basée sur cette mise à distance et c'est ce qu'on va voir dans la partie suivante

2 – La description du personnage

Systématiquement, le personnage est décrit en décalage ou comme n'étant pas à sa place.

Il est "habillé en bourgeois ", mais " le nouveau était un gars de la campagne ". Egalement, on nous dit : " il entre en cinquième. ", mais " Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les  grands, où l'appelle son âge. ", car il n'est pas à sa place, dans la bonne classe.

Lorsque les élèves font quelque chose, il est systématiquement en décalage et  ne fait pas comme les autres. Ainsi :

- les élèves parlent : " On commença la récitation des leçons. ", mais lui, " Il les écouta de toutes ses oreilles " ;

- " Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre ", mais " le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux "

Concernant sa description, il est vu comme une sorte de clown bariolé, son habit étant fait de diverses couleurs :  " son habit-veste de drap vert à boutons noirs (...) poignets rouges (...) en bas bleus (...) pantalon jaunâtre " ; ou bien trop court ou mal ajusté : " devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets " ; " Ses jambes (...) sortaient d'un pantalon " ; et il en va de même pour la casquette, qui est décrite comme un objet complètement improbable, hétéroclite, comme l'habit, faite toute à la fois " du bonnet à poil, du chapska du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton ".

Ainsi, la description permet à l'auteur de se moquer du personnage en le mettant à distance en le décrivant comme un clown mis à l'écart qui fait rire malgré lui.


3 – La description de la casquette

Cependant, le nombre de lignes consacrées à l'objet et certains termes employés pour la décrire sont assez étranges à première vue.

En effet, 9 lignes lui sont consacrées contre 7 pour le personnage. De plus, elle est décrite comme " une de ces pauvres choses ", ou bien on la compare au " visage d'un imbécile ". Comme si c'était un personnage à part entière.

Or, si on compare la description de la casquette et la description du personnage, on se rend compte qu'elles sont conçues sur le même modèle, c'est-à-dire un assemblage hétéroclite qui n'est pas à sa place : soit qu'elle n'est pas jetée avec celle des autres élèves, soit qu'elle tombe à terre.

On peut donc en conclure que cette casquette est un double du personnage, ce qui renforce l'idée de moquerie, puisque cette casquette est une " pauvre chose " " d'ordre composite ".

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TOUCHE PAS MON POTE ! (1)

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JOURNEE DE LA FEMME

GAIA

(VENUS-LILITH)

Femme,

objet d’amour abdominal
d’un jour d’une nuit, d’une vie
d’un jeu pervers horizontal

as-tu été créée Lilith ou bien d’une Eve abandonnée ?

des cathédrales de feu lumière
pour de faux lierres en tentacules
survivent à tes reflets

as-tu fait peur par ces enfants redécorés de l’Ordre Humain ?

menhir de satiété
gangue de pierre qui t’honorait
planté en terre boue créatrice

as-tu vu l’homme cloué en croix sur une lune silencieuse ?

il a vécu par peur du noir
de l’inconnu (fantasmes ?)
avec le doigt sur du néant

par quoi a-t-il été créé ce bout de terre inachevée ?

 

il pleure Golem son innocence
son sort Caïn l’oeil et sa ? mère
ton parapluie mammaire ...

 

qu’es-tu dans l’ordre chaotique support suprême de tes désirs ?


Posté par LeGrizzly à 18:18 - L'Atelier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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Posté par LeGrizzly à 18:11 - Petits papiers perdus - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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