Le Grizzly

Entrez dans la tannière du dedans de la tête d'un ours

30 juillet 2009

ANNE, MA SOEUR ANNE ... (2)

Anne__ma_soeur_Anne_2

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FEUILLETON (2)

Cet été je vous propose une nouvelle très noire en feuilleton (âmes sensibles s'abstenir ...). Aujourd'hui, deuxième livraison.


2


Le bruit de la porte se dissolvait encore dans l'air lorsque la femme s'engouffra dans l'escalier en courant. Il était quatre heures du matin. Elle avait enlevé ses chaussures pour ne faire aucun bruit. Néanmoins, malgré toutes ses précautions, le déclic qu'avait produit le pêne en s'enfonçant dans la gâche avait sorti l'enfant de son sommeil. Interloqué par ce bruit qui ne lui était pas familier, il s'était interrogé pendant quelques dixièmes de seconde et puis, très vite, le somnifère que sa mère lui avait fait absorber la veille avait continué l'effet pour lequel il était payé et l'enfant s'était aussitôt rendormi. La femme en avait profité pour atteindre le rez-de-chaussée où elle avait remis ses chaussures avant de se propulser sur le trottoir en direction de la gare. Elle marchait vite. Se retournait sans cesse. Obnubilée par une idée précise, elle n'avait pas vu la voiture qui la suivait au ralenti. Elle ne l'aperçut qu'au bout de quelques minutes, quand il fut trop tard. Deux hommes en descendirent et l'empoignèrent sans ménagement pour la faire monter sur le siège arrière, lui cognant la tête au passage. La rue était déserte, l'heure l'était encore plus, personne n'avait rien vu. C'est ainsi qu'elle se retrouva assise sur la banquette arrière d'une voiture, encadrée par deux malabars, avec, devant elle, deux nuques qui lui étaient familières. L'une était masculine, l'autre féminine. La masculine conduisait, la féminine se prolongeait, d'un côté, par un corps entravé par du gros adhésif d'emballage, et de l'autre, par une bouche que recouvrait ce même adhésif.

- Frédo ? ... Laura ? ... Mais qu'est-ce que ... ?

Sans répondre, Frédo accéléra brusquement, plaquant ainsi la femme contre le dossier de son siège où les deux hommes entreprirent aussitôt de l'entraver au moyen du même adhésif. Lorsqu'elle ne put plus bouger que la tête qui, seule, avait été laissée libre, Frédo ralentit enfin et prit la parole :

- Bonjour Angèle. Où t'allais mon Ange ?

- A ... à la gare.

- A la gare ? Tu voulais t'enfuir, c'est ça ?

- Mais non, pas du tout ! Je ... je voulais juste prendre quelques jours de congés, c'est tout !

- Ah, bon ! Et où, mon Ange ?

Le ton doucereux qu'employait Frédo n'était pas fait pour la rassurer. Une fois, c'est vrai, elle avait tenté de s'enfuir. Ils l'avaient rattrapée et la correction qui avait suivi l'avait dissuadée de recommencer pour un très long moment. Elle avait été livrée à trois hommes et une femme qui l'avaient battue et violée pendant deux jours, tout en prenant bien garde à ce qu'elle reste toujours consciente. La femme avait été de loin la plus terrible. Quand ils en avaient marre, ou qu'ils voulaient se reposer, ils lui attachaient les bras dans le dos et la hissaient par les mains jusqu'à ce que les pieds ne touchent plus terre et la laissaient ainsi. Très vite, la douleur devenait insupportable et elle hurlait. Ils ne revenaient que quand elle cessait, signe qu'elle était au bord de l'évanouissement. Et les séances reprenaient. Les quarante-huit heures qu'elle avait subies lui avaient paru interminables et le souvenir qu'elle en gardait lui fit répondre à Frédo avec la plus extrême prudence, tous les sens en alerte :

- Chez ma mère. Tu m'avais dit que si je voulais je pouvais aller la voir quand j'en avais envie.

Frédo ne répondit rien. Il laissa passer un temps. Au bout d'un long moment, il rouvrit enfin la bouche et dit :

- Donc, si je résume, tu vas chez ta mère ...

Il marqua une pause qui ne laissait rien présager de bon, puis reprit :

- Dis-moi, mon ange, d'après toi, qu'est-ce que Laura fait avec nous ?

- Je ... je ne sais pas ... Comment je le saurais ?

(à suivre ...)

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29 juillet 2009

C'EST TROP INJUSTE !

En hommage à Engoulevent qui est venu avec sa famille nous rendre une petite visite un peu trop courte à mon goût, mais les circonstances ne permettaient malheureusement pas mieux, un petit CALIMERE 2 :

Calimero

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FEUILLETON

Cet été je vous propose une nouvelle très noire en feuilleton (âmes sensibles s'abstenir ...). Aujourd'hui, première livraison.


INHUMAIN


1


Huit heures avaient sonné à la pendule du salon lorsque l'enfant s'était mis à fredonner. C'était un air qui le rassurait, toujours le même. Quand il était seul, il remplaçait sa mère, l'aidait à patienter. Et puis il s'était levé. Les yeux mi-clos, encore pleins de sommeil, il avait escaladé la barrière de son lit-cage. Il avait soif. Il savait qu'il ne devait pas sortir de sa chambre et qu'il devait attendre que maman vienne. Heureusement, un biberon avait été laissé sur sa commode. Il s'en était emparé et l'avait vidé d'un trait. Désaltéré, il s'était aperçu qu'il avait un autre besoin. Alors, il avait pris le pot que maman laissait sous le lit et s'était assis pour faire pipi. Il était grand, maintenant, il n'avait plus besoin de couches. Mais il ne savait pas encore vider son pot tout seul. Ca c'était maman qui le faisait. Alors il l'avait remis doucement à sa place, comme maman le lui avait appris, sans que rien ne déborde, et avait commencé à jouer. Il avait une poupée fétiche, comme beaucoup d'enfants. C'était une vieille poupée chiffon qui avait appartenu à maman. C'était papa. Du moins l'appelait-il ainsi, "Dada". Et puis il s'était lassé de son jouet, en avait pris un autre, et puis un autre encore. Et il s'était lassé de sa chambre. Alors, malgré l'interdiction qui lui était donnée de ne pas aller ailleurs, il avait ouvert la porte et s'était aventuré dans le petit appartement. Il avait appelé maman partout, mais ne l'avait vue nulle part. Déçu, il était retourné dans sa chambre où il avait recommencé à s'ennuyer. Néanmoins, rattrapé par le sommeil, il avait à nouveau escaladé le lit, et s'était rendormi, vaincu par le somnifère qui lui refermait les yeux.

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Merci à MADmoiselle.

Posté par LeGrizzly à 09:33 - Petits papiers perdus - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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