23 avril 2008
YOU HOU ! RIN TIN TIN !
L'INFRAMONDE
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21 avril 2008
LE MERVEILLEUX VOYAGE DE NILS HOLGERSSON A TRAVERS LA SUEDE
DAKTARI A UN NOUVEAU LOCATAIRE
Notre squateur "Poilouze" n'aura pas laissé son abri de fortune vide très longtemps ! Un nouveau squatteur qu'on a appelé "Chaussettes" (regardez ses pattes) a pris sa place.
R2 a tenté de l'amadouer, mais ça n'a pas marché très fort ...
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16 avril 2008
DAKTARI EN DEUIL
Depuis quelques mois, on accueillait un squatteur qu'on avait appelé "Poilouze" et à qui on avait même construit une cabane de fortune pour qu'il puisse passer l'hiver tranquille. Il refusait d'entrer dans la maison et de toutes façons, on avait déjà deux chats qui ne le laissaient pas rentrer.
Hier, il était assez patraque et semblait malade. On a pensé à un vilain microbe.
Et ce matin, un voisin qui savait qu'on "accueillait" ce chat nous appelle pour nous dire qu'il avait retrouvé "notre" Poilouze mort devant sa cuisine :
Voilà ...
10 avril 2008
PAC MAN (2)
THIEFAINE ET RIMBAUD
Aujourd'hui, je vous propose de découvrir tout à la fois une chanson de Thiéfaine et quelques éléments de la vie et de l'oeuvre de Rimbaud. Pour en découvrir plus, cliquez sur le nom des auteurs.
AFFAIRE RIMBAUD
la jambe de Rimbaud
de retour à Marseille
comme un affreux cargo
chargé d'étrons vermeils
dérive en immondice
à travers les égoûts
la beauté fut assise
un soir sur ce genou
Horreur Harrar Arthur
et tu l'as injuriée
Horreur Harrar Arthur
tu l'as trouvée amère ... la beauté
?
une saison en enfer
foudroie l'Abyssinie
ô sorcière ô misère
ô haine ô guerre voici
le temps des assassins
que tu sponsorisas
en livrant tous ces flingues
au royaume de Choa
Horreur Harrar Arthur
ô Bentley ô châteaux
Horreur Harrar Arthur
quelle âme Arthur est ... sans défaut ?
les poètes aujourd'hui
ont la farce plus tranquille
quand ils chantent au profit
des derniers Danakils
juste une affaire d'honneur
mouillée de quelques larmes
c'est quand même un des leurs
qui fournissait les armes
Horreur Harrar Arthur
t'es vraiment d'outre-tombe
Horreur Harrar Arthur
et pas de commission
Horreur Harrar Arthur
et pas de cresson bleu
Horreur Harrar Arthur
où la lumière pleut.
Hubert-Félix THIEFAINE (1948 - ...)
Météo für nada (1986)
Le titre : on parle de Rimbaud comme d'une affaire, au sens policier du terme. Il y a quelque chose à découvrir qui pose problème, qui reste caché.
"la jambe de Rimbaud"
Cela évoque l'amputation qu'a dû subir Rimbaud à la jambe. Cette opération va lui coûter la vie, ce qui apporte une information intéressante quant à la macrostructure : on commence par la fin.
Mais cette fin va devenir un début grâce au vers suivant :
"de retour à Marseille"
En effet, cette partie de Rimbaud qui avait disparu, qui s'était détaché de lui, revient sur les lieux de la mort du poète : Marseille. Ce qui veut dire, pour corroborer ce qu'on disait à propos du titre, que quelque chose reste à découvrir qui nous est apporté par la jambe.
S'en suit une superbe image qui identifie le morceau de chair sanguinolent au "bateau ivre".
"comme un affreux cargo
chargé d'étrons vermeils"
Ici, on peut s'arrêter sur l'oxymore : "étrons vermeils". Les termes évoquent bien sûr la jambe : charogne de couleur rouge, mais si on prend vermeil, non pas comme adjectif, mais comme substantif, le contraste apparaît entre d'un côté la répugnance de l'étron-charogne et de l'autre la merveille d'un matériau fait d'argent et d'or. Cet oxymore vient alors résumer la poétique de Rimbaud basée essentiellement sur cette figure de style.
Et cela se confirme grâce aux deux derniers vers de la strophe : "la beauté fut assise/ un soir sur ce genou". Quelle beauté ? Celle de l'oeuvre du poète, bien sûr.
"dérive en immondice
à travers les égoûts"
Ces deux vers continuent ce qui a été amorcé, à savoir l'idée de déchet, d'excrément qu'annonçait la jambe étron vermeil.
"la beauté fut assise
Un soir sur ce genou"
Ces deux derniers vers vont clore cette idée de réunion des contraires de laquelle Rimbaud va tirer une certaine conception du Beau, continuant par là l'oeuvre de Baudelaire (cf. « une charogne », poème XXIX des Fleurs du Mal).
En outre, ces deux derniers vers sont extraits quasi in texto ("Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux") d'une saison en enfer, autobiographie poétique de Rimbaud, ce qui vient préciser le caractère double d'affaire Rimbaud qui est à la fois métatexte et récit d'une vie, donc calque de l'oeuvre citée.
Premier refrain :
"horreur Harrar Arthur"
Allitération en "r" dans cette phrase-refrain qui ne bougera pas jusqu'à la fin du texte. Ce procédé vient renforcer la notion d'horreur contenue dans la phrase.
Associée à l'assonnance en "a", l'allitération vient également lier les trois termes et donner ainsi une unité qui est celle de ce qu'on croit être la vie de Rimbaud.
En effet, chacun des mots évoque une période de la vie du poète telle qu'on se l'imagine. Horreur : sa poétique ; Harrar : sa vie comme trafiquant d'armes ; Arthur : ce qui reste de lui, un nom.
"et tu l'as injuriée
tu l'as trouvée amère ... la beauté ?"
De nouveau des citations quasi in-texto d'une saison en enfer ("-Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée.") qui viennent renforcer ce que disait la première strophe à propos de la poétique de Rimbaud tout en explicitant le sens de ce retour à Marseille de la jambe.
En effet, excrément parmi les excréments, elle est cette partie de Rimbaud qui hante des lecteurs que fascine cette horreur d'où naît la beauté, sur laquelle elle s'épanouit.
L'interrogation du dernier vers témoigne de cette hantise, ou du moins d'un doute qu'on peut avoir à l'égard de la poétique de Rimbaud : comment un poète qui a écrit une oeuvre aussi belle et aussi forte a-t-il pu trouver amère une beauté qu'il n'a jamais cessé de servir ?
"une saison en enfer
foudroie l'Abyssinie"
De nouveau citation, mais directe cette fois, d'une saison en enfer.
Autre fait nouveau, il est mis en relation, non plus avec l'oeuvre poétique, mais avec la vie "post-oeuvre", celle de trafiquant d'armes en Ethiopie, entre autres, l'Abyssinie étant une région de ce pays.
"ô sorcière ô misère
ô haine ô guerre voici
le temps des assassins"
"ô guerre" est encadré par deux citations de Rimbaud, la première tirée d'une saison en enfer et reproduite sans changements, la deuxième des illuminations ("matinée d'ivresse"), reproduite également sans changements. Cette guerre, que Rimbaud a aidée en vendant des armes se retrouve au milieu des deux dernières oeuvres du poète.
Cela fait comme si la guerre aura été ce catalyseur qui aura permis le passage entre une poésie, celle des premières oeuvres, en laquelle Rimbaud ne croyait plus et qu'il fustige plus ou moins dans une saison en enfer, et une autre, plus aboutie, qui correspondrait plus à ce qu'annonçait le poète dans sa fameuse "lettre du voyant".
"que tu sponsorisas
en livrant tous ces flingues
au royaume de Choa"
Première apparition de termes du registre mercantile. "Sponsorisas" vient évoquer l'idée d'une action réfléchie en faveur de la guerre et de ses assassins, au détriment de l'activité artistique que l'on sait incompatible avec toute action commerciale.
Deuxième refrain :
"ô Bentley ô châteaux"
"quelle âme, Arthur est ... sans défaut ?"
Ce vers vient continuer l'idée "mercantile" en évoquant des signes extérieurs de richesse, dont un tiré d'une saison en enfer ("ô châteaux") et qui va permettre le lien avec l'excuse qu'on donne au poète, et que Thiéfaine a tirée également du même recueil ("Quelle âme est sans défaut?").
"les poètes aujourd'hui
ont la farce plus tranquille
quand ils chantent au profit
des derniers Danakils
juste une affaire d'honneur
mouillée de quelques larmes
c'est quand même un des leurs
qui fournissait les armes"
"profit" vient continuer l'idée de mercantilisme qui s'annonçait dans les vers précédents et qui trouve son aboutissement ici dans la fustigation des poètes d'aujourd'hui qui se sont donnés bonne conscience en produisant un disque pour l'Ethiopie, mais qui ont soigneusement voilé le fait que leur pays vendait des armes à ce même pays qu'ils défendaient.
La démarche des ces poètes est l'inverse de celle de Rimbaud, à savoir que ce dernier a délaissé tout idée de poésie pour se consacrer au commerce des armes. Mais s'il fut un poète de génie, il ne sera qu'un bien piètre commerçant : "et pas de commission". A l'inverse, les poètes d'aujourd'hui, qui, s'ils sont peut-être de bien piètres artistes, sont en revanche d'excellents commerçants.
De plus, tout cela aura pour eux été sans risque : ils "ont la farce plus tranquille".
Les deux derniers refrains :
"t'es vraiment d'outre-tombe"
A travers la référence à Châteaubriand qui voulait assurer la pérennité de sa vie par-delà la tombe, donc la mort, Rimbaud assure également la pérennité de son mythe.
Cela renvoie également au début, à la jambe, qui continue de hanter les lecteurs du poète.
"et pas de commission"
"et pas de cresson bleu"
"où la lumière pleut"
Le premier vers évoque ce que fut le trafiquant Rimbaud : un commerçant raté. Le deuxième, ce que fut sa mort, quelque chose de sordide qui n'aura pas eu la chance d'avoir été magnifié par la beauté comme ce soldat, « dormeur du val » ; un autre ratage comme précédemment. Quant au troisième vers, qui se relie au précédent par le biais du poème cité, il évoque ce qui restera malgré tout du poète : une oeuvre aux images magnifiques.
On répond au titre en résolvant l'affaire : quoiqu'on puisse penser de Rimbaud, il est et restera un merveilleux poète qui, après avoir mis par écrit cette frénésie artistique, ce génie, l'aura transposé à sa vie en faisant de son existence même une oeuvre d'art aussi intense que le furent ses textes.
En outre, si ces refrains répondent au titre, ils répondent également au début du poème en clôturant le texte par le début : les citations d'un des premiers poèmes de Rimbaud.
Le début était une fin, la fin un début, tout cela pour dire que l'oeuvre de Rimbaud reste une et indivisible et que chacune des "périodes" qu'on a pu y voir n'étaient que des tranches artificielles qui ne rendaient que partiellement et, donc, faussement compte de ce que furent la vie et l'oeuvre de Rimbaud qu'il a toujours mêlées en une quête désespérée de l'Art. C'est ce que venait essayer de nous faire découvrir la jambe dans le début du texte.














